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Dans la douleur, le gouvernement s'accorde

sur des aides énergie

Huit semaines après le début de la crise au Moyen-Orient, alors que la plupart des pays européens ont pris des mesures plus ou moins importantes depuis des semaines, la Belgique s’y met également, très tardivement donc. Et pour une enveloppe somme toute modeste par rapport à ce qui se fait ailleurs : 80 millions d’euros chez nous, contre 950 millions aux Pays-Bas ou 5 milliards en Espagne.


Au bout du compte, le montant des aides est inversement proportionnel au bruit politique qu’a suscité ce dossier, puisqu’on est carrément passé par la case menace de blocage complet de la part du MR.


Les libéraux obtiennent donc ce qu’ils réclamaient, mais beaucoup moins qu'espéré. Ils obtiennent néanmoins un signal, en particulier 20 millions d’euros pour une incitation fiscale afin que les employeurs interviennent davantage dans les frais de déplacement domicile-travail des travailleurs. Les Engagés et Vooruit ont, eux, insisté pour intervenir spécifiquement en faveur des aides-soignantes, ainsi que pour une dotation supplémentaire au fonds social chauffage octroyé par les CPAS. L’augmentation des accises décidée par le gouvernement sera aussi reportée de quelques mois.


Des limites budgétaires pour pallier la crise énergétique


Le choix d’aides très limitées et ciblées est évidemment la conséquence d’un déficit budgétaire très important. L’Espagne, les Pays-Bas ou l’Allemagne n’ont pas nos problèmes de trésorerie et peuvent donc intervenir massivement. On est davantage dans le cas de la France, qui a aussi choisi de cibler. La Belgique a calculé son aide sur les recettes supplémentaires que l’État perçoit à cause de la hausse des prix, et cela ne devrait donc pas, à court terme, avoir d’impact budgétaire majeur.


Mais la situation budgétaire n’explique pas tout. On a aussi deux réalités politiques assez différentes. Au nord du pays, où l’on se chauffe au gaz, où le parc immobilier est moins énergivore, où le parc automobile est plus récent avec beaucoup de voitures de société, l’opinion et les partis étaient moins mobilisés sur la question. À l’inverse du sud du pays, en particulier au MR, en difficulté dans les sondages depuis des mois, et qui tente de réinvestir sa promesse de soutenir les travailleurs.


Le gouvernement fédéral peut donc passer à autre chose et continuer d’espérer que cette crise ne dure pas trop longtemps. Car la Banque nationale et le FMI ont prévenu : les prix actuels de l’énergie risquent de se transformer en inflation et en baisse de croissance, c’est-à-dire en nouveaux problèmes budgétaires. Direction l’été donc, avec une série de réformes qui doivent passer à la Chambre et, surtout, un accord budgétaire en juillet. Mais la séquence qui vient de se terminer montre que l’Arizona reste très fébrile et qu’on doit s’attendre à un long chemin de croix. Elle montre aussi qu’il sera très compliqué de rétablir la crédibilité financière du pays en continuant à fonctionner de cette manière.



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devient chaque semaine un peu plus forte. La Belgique est, elle, moins à risque grâce aux raffineries d’Anvers et aux oléoducs de l’OTAN. L’économiste du secteur aérien de l’Université d’Anvers, Wouter Dewulf, l’expliquait très bien à Het Laatste Nieuws. Il rappelait que l’Europe importe environ un tiers de son kérosène, et parmi ces importations, seule une fraction — environ un cinquième — vient du Moyen-Orient. Cela signifie que la dépendance directe à la région aujourd’hui en crise reste limitée. À court terme donc, le risque de pénurie en Belgique est jugé plus faible. Pour les prix, on l’a vu, cela dépend des cotations internationales et là, la Belgique n’a bien sûr pas la main.

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