On vous a réveillés tous les matins avec les dernières déclarations du président américain (avec le décalage horaire, c’est la première actualité que les journalistes des matinales découvrent en allumant leur écran). Vous n’avez sans doute plus très envie que l’on vous parle encore, dans cette newsletter, du désordre mondial qu’il est en train d’orchestrer. Et pourtant, c’est bien lui, Donald Trump, qui dicte l’agenda international, en ce début d’année, c’est une donnée indéniable.
Non pas tant par son action éclair au Vénézuela, où il a depuis tout laissé en plan. Non pas tant par son obsession bégayante sur le Groenland – soi-dit en passant, vieille technique de vendeur roublard qui consiste à taper très haut pour ensuite donner l’impression à sa victime d’être gagnante.
Mais plutôt parce que, en faisant moins de vagues, il veut augmenter de 50 pourcent les dépenses militaires des Etats-Unis, pour les amener à 1500 dollars dans un an. Parce qu’il arraisonne des navires battant pavillon russe. Parce qu’il déclare que l’Ukraine n’est pas son problème. Parce qu’il dope une milice qui s’en prend à ses propres citoyens (ICE, la police de l’immigration, aujourd’hui dirigée par un homme qui pose dans une gabardine rappelant les dignitaires nazis, allez voir les photos de Gregory Bovino c’est édifiant).
En cela, le président américain est en train de mettre en place une révolution trumpienne. Une révolution, c’est-à-dire le renversement radical d’un régime en place. Généralement par la force. Nous y sommes, il faut même craindre que ce ne soit que le début. Révolution extérieure, en piétinant les règles du droit international, en concurrençant l’ONU avec son Conseil de la Paix, en méprisant les chefs d’État qui osent lui tenir tête. Révolution intérieure, en dépêchant des forces militaires dans les villes qui lui résistent. Révolution de ton, aussi : qui peut aujourd'hui dire jusqu'où ira le président américain ? Va-t-il ordonner des frappes sur l'Iran depuis son armada déployée dans le Golfe ? Washington est résolument devenue imprévisible. On sent que l'Europe a pris conscience qu'il faut un nouveau cap. Mais par-delà ses divisions parviendra t-elle vraiment à le tracer alors qu'elle reste dépendante des Etats-Unis ? On peut légitimement en douter. | |