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Y a-t-il encore une place pour Ecolo

en politique belge ?

Ce week-end, Marie-Colline Leroy et Gilles Vanden Burre ont pris officiellement la tête des Verts. Leur premier défi sera de retrouver un espace pour exister politiquement. Depuis des mois, Ecolo a disparu de l’espace public. Quand il apparaissait, c’était soit pour étaler ses divisions, soit pour réagir à une controverse, mais rarement pour évoquer ses positions et tenter de faire exister son narratif. Un narratif, celui de l’écologie populaire, qui n’avait de toute façon, faute de temps ou faute de fond, pas réussi à s’imposer.


L’épisode de la division interne étant passé, Ecolo peut donc repartir sur une nouvelle base. Enfin, pas si nouvelle, puisque ce duo s’était déjà présenté à l’été 2024, mais les militantes et les militants ne l’avaient pas plébiscité et avaient préféré le projet de Marie Lecoq et de Samuel Cogolati.

Bien sûr, le divorce inédit entre les deux anciens coprésidents explique certainement en partie cette éclipse d’Ecolo du débat, mais il serait erroné de croire qu’il n’y avait que ça. De même qu’il était erroné de croire que la défaite de 2024 s’expliquait entièrement par la mauvaise campagne menée par Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane, ou par le bilan des participations gouvernementales, marqué par la crise des PFAS ou les reculades sur le nucléaire.


C’est l’utilité même de l’écologie politique qui est questionnée, sa capacité à offrir des perspectives politiques crédibles. Ce qui a été construit laborieusement, avec des hauts et des bas, entre 1980 et 2019, s’est brutalement affaibli entre le Covid, la crise de l’énergie, l’inflation, la question migratoire et le retour de la guerre aux frontières de l’Europe.


La question est aujourd’hui : y a-t-il encore une place pour Ecolo en politique belge ? Pour y répondre, Marie-Colline Leroy et Gilles Vanden Burre veulent positionner Ecolo comme apportant des solutions concrètes. Ces solutions, disent les nouveaux présidents, doivent moins porter sur la responsabilité individuelle — traduisons : être moins moralisatrices et plus globales. L’enjeu sera donc évidemment dans la nature de ces solutions, mais surtout : des solutions à quoi ? Ecolo s’est retrouvé en difficulté sur son terrain historique, le nucléaire, les PFAS, et trop souvent en pole position sur les questions de droits des minorités, qui polarisent l’opinion, en particulier entre Bruxelles et la Wallonie.


Gilles Vanden Burre et Marie-Colline Leroy ne sont pas encore très connus. Est-ce un problème supplémentaire ? Je vous dirais que, si on regarde l’histoire d’Ecolo, non. Ecolo a même tiré son épingle du jeu historiquement en jouant sur sa marque plutôt que sur ses personnalités.

Mais il s’agit d’une réticence contrariée à l’incarnation. Les personnalités fortes ont joué un rôle moteur dans l’histoire du parti : les Lannoye, Morael, Durant, Javaux, Khattabi, Nollet. Des personnalités qui avaient réussi, au moins un temps, à étendre le noyau de base d’Ecolo à une classe moyenne plutôt modérée. Une bonne partie de ces électeurs et électrices est partie en 2024 chez Les Engagés. Pour aller les rechercher, Gilles Vanden Burre et Marie-Colline Leroy, qui apparaissent comme des pragmatiques, ont sur ce point des arguments à faire valoir.



L'édito de Bertrand Henne

La phrase qui claque

La phrase qui claque de Sandrine Couturier
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On se le remet dans les oreilles

Aux sources des attentats de Bruxelles, avec Frédéric Van Leeuw

Aux sources des attentats de Bruxelles

Le 22 mars 2016, la Belgique est frappée par deux attentats : l’un à l’aéroport de Zaventem, l’autre dans la station de métro Maelbeek. 10 ans après ce traumatisme, cet épisode des Clés revient aux sources de cette violence et à l’enquête qui a précédé et suivi ces attentats avec le procureur fédéral de l’époque, Frédéric Van Leeuw. Il a pris le temps de retracer le fil d’une histoire qui se noue en Irak et Syrie au début des années 2000 et qui nous amène aux attentats du 22 mars, qui feront 35 morts et des centaines de blessés.

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"Projet Dernière chance", malgré son ambition, se révèle un film hybride et bancal parce qu’il tente de réussir le grand écart entre une longue partie scientifique assez verbeuse – celle qui se déroule sur terre avec les préparatifs de la mission – et celle, plus visuelle et d’une naïveté presque puérile, de la relation entre Ryland Grace et un extraterrestre qui ressemble à un mauvais bricolage d’atelier créatif estime Huguez Dayez.

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Une étude menée en Région bruxelloise par 'Perspective.Brussels' met en lumière un constat sans appel : l’espace urbain reste largement inadapté aux besoins des femmes. Derrière une apparente neutralité, l’espace public est en réalité vécu différemment selon le genre. "La ville, elle est la même morphologiquement pour tout le monde, mais on l’occupe différemment selon qu’on soit un

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homme ou une femme" explique Léone Drapeaud, l'architecte qui a mené l'étude. Elle pointe l'adolescence comme un moment-clé dans l'apparition des inégalités dans l’espace public. Si les plaines de jeux sont mixtes durant l’enfance, la situation évolue à l’adolescence. "Les garçons se tournent vers les espaces sportifs, tandis que les filles ne trouvent plus d’aménagements qui répondent à leurs besoins (...) C’est à ce moment-là que les filles commencent à se sentir rejetées de l’espace public, à ne plus s’y sentir légitimes", alerte-t-elle. À cela s’ajoute parfois le harcèlement, renforçant encore ce sentiment d’exclusion.

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